Pour faciliter la lecture, un lexique des dynamiques relationnelles et du consentement est disponible ici. Il permet de clarifier certains termes utilisés dans cet article, dans une approche professionnelle et inclusive.
Pour faciliter la lecture, un lexique des dynamiques relationnelles et du consentement est disponible ici. Il permet de clarifier certains termes utilisés dans cet article, dans une approche professionnelle et inclusive.
À Héricourt, Montbéliard, Belfort ou en consultation visio, une question revient souvent en sexothérapie : “J’étais d’accord… alors pourquoi je me sens mal ?”
Le consentement semble simple. En réalité, il est relationnel, émotionnel et parfois neurophysiologique.
Qu’il s’agisse d’une relation exclusive, non exclusive, D/s ou M/e, le consentement ne disparaît jamais. Il change de forme.
Cet article propose une lecture nuancée, professionnelle et inclusive du consentement, sans caricature des modèles relationnels.
On réduit souvent le consentement à une validation verbale. Pourtant, un consentement solide est :
libre (sans pression explicite ou implicite)
éclairé (je comprends ce qui est proposé)
spécifique (je consens à cela, pas à tout)
réversible (je peux changer d’avis)
cohérent avec mon ressenti corporel
L’absence de refus n’est pas toujours un véritable accord. En sexothérapie, beaucoup de personnes découvrent que certains “oui” ont été donnés :
pour éviter un conflit
pour ne pas décevoir
pour préserver la relation
par habitude
Ce ne sont pas des fautes. Ce sont souvent des stratégies d’attachement. Le consentement est une compétence relationnelle qui s’apprend et s’affine.
Dans un couple exclusif, un glissement fréquent consiste à confondre : être en relation et être disponible.
Le désir ne fonctionne pas par contrat. Il fonctionne par sécurité, par présence, par choix renouvelé. Certaines phrases peuvent fragiliser le consentement sans intention malveillante :
“Ça fait longtemps…”
“Tu ne me désires plus ?”
“C’est normal quand on est ensemble.”
“J’ai des besoins.”
Un couple sécurisant n’est pas celui où tout est accepté. C’est celui où un non peut être exprimé sans menace affective. Lorsque dire non met la relation en danger, le consentement n’est plus pleinement libre.
Consentement en relation non exclusive : plus de liberté, plus de responsabilité
En relation non exclusive ou polyamoureuse, le consentement devient plus complexe. Il concerne :
les actes
les accords relationnels
la circulation d’information
les ajustements dans le temps
l’impact sur plusieurs personnes
Une difficulté fréquente n’est pas le modèle relationnel lui-même, mais la pression à paraître “évolué·e”, “détaché·e”, “non jaloux·se”. Certaines personnes consentent à une ouverture tout en étant intérieurement en insécurité. Un cadre sain est :
discutable
révisable
ajustable
La liberté relationnelle existe uniquement si le non reste possible sans sanction émotionnelle.
Dans le champ BDSM, il est essentiel de distinguer les structures.
Dans une dynamique D/s encadrée :
les rôles sont définis
les limites sont clarifiées et définies en amont
le consentement est explicite
un safeword ou des protocoles existent
l’arrêt est possible
Le pouvoir s’exerce dans un périmètre choisi.
Dans une dynamique M/e, la structure peut être différente. Le/la e peut choisir, de manière réfléchie et assumée, de déléguer son libre arbitre au/à la Maître·sse dans le cadre d’un engagement relationnel. Dans cette théorie, il peut ne pas y avoir de safeword, puisque la délégation est globale dans le cadre défini.
Le consentement n’est pas absent. Il est donné en amont, de manière structurée.
Dans ces dynamiques, le pouvoir n’st pas seulement un jeu : il devient charge, engagement et mode de vie.
Le/la M porte alors une responsabilité accrue :
protéger l’intégrité physique
protéger la santé psychique
lire les signaux non verbaux
assumer les conséquences des décisions
Ce qui distingue une dynamique saine n’est pas l’intensité. C’est la maturité, l’éthique et la responsabilité partagée.
Un élément souvent oublié dans les discussions sur le consentement est le système nerveux. On peut avoir :
un cadre clair
un accord verbal
une relation choisie
une dynamique assumée
Et malgré cela ressentir :
tension
figement
dissociation
malaise après coup
difficulté à poser une limite ensuite
Pourquoi ? Parce que le consentement peut être cognitif, mais la sécurité est neurophysiologique. Le corps réagit selon sa perception de sécurité, pas selon un contrat relationnel.
En sexothérapie à Héricourt, ou en accompagnement à distance (Montbéliard, Belfort, visio), travailler le consentement implique :
reconnaître les signaux corporels
différencier désir et activation défensive
réguler le système nerveux
sécuriser la capacité à dire non
ajuster les cadres relationnels
Un consentement mature inclut aussi cette phrase : “J’ai consenti… et j’ai besoin de réévaluer.”
Le consentement ne se limite pas à un modèle relationnel. Il traverse :
les couples exclusifs
les relations non exclusives
les dynamiques D/s
les engagements M/e
les pratiques BDSM
les relations dites classiques
Ce qui le rend vivant n’est pas une règle unique. C’est la capacité à :
choisir librement
ajuster
entendre un non
réguler le système nerveux
protéger la dignité de chacun·e
Si vous souhaitez explorer ces questions en sexothérapie inclusive à Héricourt, ou en consultation visio (Montbéliard, Belfort, Jura Suisse et ailleurs), les séances permettent d’aborder ces sujets sans jugement, sans caricature des pratiques, et avec une approche psychocorporelle intégrant le système nerveux.
Le consentement n’est pas un slogan. C’est une compétence relationnelle qui se construit.