Santé sexuelle LGBTQIA+, polyamour et libertinage : sortir du modèle unique

Pendant longtemps, la santé sexuelle a été pensée, enseignée et organisée autour d’un modèle unique : un couple cisgenre, hétérosexuel, monogame. Ce modèle n’est pas faux. Mais il est incomplet. Lorsque l’on est lesbienne, gay, bisexuel·le, pansexuel·le, trans, non-binaire, queer, polyamoureux·se ou libertin·e, les questions de santé sexuelle ne disparaissent pas. Elles changent. Elles se complexifient parfois. Et surtout : elles demandent des réponses adaptées.

Quand les professionnel·les de santé restent sans voix

Je me souviens très précisément du moment où j’ai posé des questions concrètes sur ma santé sexuelle en tant que femme bisexuelle, polyamoureuse, fréquentant des espaces libertins. Silence. Pas de jugement. Pas d’hostilité. Juste… un vide.

Des professionnel·les compétent·es, bienveillant·es, mais formé·es dans un cadre qui n’intégrait pas ces réalités. Ce moment m’a marquée. Parce qu’il m’a montré une chose simple : ce n’est pas aux patient·es minorisé·es de s’adapter au silence du système.

Pourquoi parler de santé sexuelle LGBTQIA+ ?

1) Parce que les ressources sont encore rares

Les contenus de santé sexuelle ont longtemps été construits sous le prisme de la cis-hétérosexualité monogame. Conséquences :

Pourtant, les besoins existent.

2) Parce que les pratiques relationnelles influencent les besoins de prévention

Une personne en relation monogame exclusive n’a pas les mêmes besoins qu’une personne en polyamour éthique ou en libertinage consenti. Cela ne signifie pas “plus de danger”. Cela signifie : d’autres paramètres à considérer. Par exemple :

Ignorer ces réalités ne protège personne.

3) Parce que l’orientation sexuelle et l’identité de genre modifient l’expérience médicale

De nombreuses personnes LGBTQIA+ rapportent :

Résultat ? Certain·es renoncent aux soins. Or la santé sexuelle ne devrait jamais être conditionnée à la norme.

Santé sexuelle et polyamour : déconstruire les idées reçues

Le polyamour éthique n’est pas une absence de cadre. C’est souvent l’inverse :

Mais encore faut-il que les professionnel·les puissent accompagner ces dynamiques sans jugement implicite.

Libertinage et santé sexuelle : sortir du fantasme

Le libertinage, lorsqu’il est consenti et encadré, implique généralement :

Là encore, l’enjeu n’est pas moral. Il est sanitaire et informatif. Une personne libertine a besoin :

Sans honte. Sans devoir édulcorer.

Pourquoi je me suis formée

Après avoir vécu ce silence médical, j’ai décidé de ne plus le subir. Je me suis formée en sexothérapie inclusive et en accompagnement psychocorporel, avec une attention particulière aux personnes LGBTQIA+, polyamoureuses et aux dynamiques relationnelles non normées. Je n’ai pas réponse à tout.

Mais je fais une promesse simple :

La santé sexuelle mérite mieux que des approximations.

Renforcer l’autonomie des communautés

Être informé·e, c’est renforcer son autonomie. La santé sexuelle ne doit pas être un territoire réservé aux modèles dominants. Elle doit intégrer :

Parler de santé sexuelle LGBTQIA+, polyamoureuse et libertine, ce n’est pas militer. C’est répondre à un besoin concret.

Vers une santé sexuelle plus inclusive à Héricourt, Belfort, Montbéliard et en visio

Au Studio Fleur de Lune, j’accompagne :

En présentiel à Héricourt (proche Belfort et Montbéliard) et en consultation à distance. La santé sexuelle n’est pas un luxe. C’est un droit.


Quand le silence devient moteur 

Il y a des silences qui réveillent. Le jour où mes médecins sont restés sans réponse, je n’ai pas ressenti de colère. J’ai ressenti un appel. Si les réponses ne sont pas disponibles, alors construisons-les. Si les cadres sont trop étroits, élargissons-les. Si certaines réalités sont encore invisibles, mettons-les en lumière avec calme et rigueur.

Je ne suis pas militante. Je suis thérapeute. Et je crois profondément qu’aucune orientation, aucune identité, aucune forme relationnelle ne devrait empêcher quelqu’un d’avoir accès à des informations fiables, nuancées et respectueuses.

Si vous venez avec une question complexe, vous ne serez jamais “trop”. Vous serez entendu·e. Et si la réponse n’existe pas encore, nous irons la chercher.