Tu es en couple depuis plusieurs mois, plusieurs années, peut-être même depuis très longtemps.
Et pourtant, quelque chose est en train de bouger.
Une attirance que tu n’avais jamais vraiment regardée. Une évidence qui arrive tardivement. Un souvenir que tu relis autrement. Une personne qui te plaît et qui ne correspond pas au genre vers lequel tu pensais être exclusivement attiré·e.
Et une question commence à prendre de plus en plus de place :
« Et si j’étais bi ? »
Cette découverte peut être libératrice. Elle peut permettre de comprendre une partie de soi qui était là depuis longtemps sans avoir été clairement nommée.
Mais lorsqu’on est déjà en couple, elle peut aussi immédiatement faire surgir une deuxième série de questions :
Est-ce que je dois en parler à mon ou ma partenaire ? Est-ce que cela veut dire qu’il me manque quelque chose ? Est-ce que je dois avoir une expérience pour savoir ? Peut-on être bisexuel·le et rester dans une relation exclusive ? Et si j’ai envie d’explorer cette partie de moi, qu’est-ce que cela signifie pour mon couple ?
Il n’existe pas une seule bonne manière de vivre cette découverte.
Et surtout : découvrir sa bisexualité ne t’oblige pas à prendre immédiatement une décision concernant ton couple.
Tu préfères écouter plutôt que lire ? Je développe aussi cette question dans l’épisode d’Alice te parle : “Je découvre que je suis bi… mais je suis déjà en couple : qu’est-ce que j’en fais maintenant ?
C’est parfois l’une des premières inquiétudes.
Si je découvre aujourd’hui que je peux être attiré·e par plusieurs genres, est-ce que cela remet en question tout ce que j’ai ressenti auparavant ?
Pas nécessairement.
L’attirance que tu éprouves pour ton ou ta partenaire ne devient pas moins réelle parce que tu découvres que ton orientation est plus large que tu ne le pensais.
Tu peux avoir sincèrement aimé et désiré des personnes d’un genre donné pendant des années et découvrir ensuite que ton attirance ne s’y limite pas.
La bisexualité ne signifie pas non plus être attiré·e de manière identique par tous les genres, avec la même intensité, au même moment ou de la même façon.
Certaines personnes comprennent très tôt qu’elles sont bisexuelles. D’autres mettent beaucoup plus de temps à mettre ce mot sur leur vécu.
Certaines le découvrent avant d’avoir eu une relation sérieuse.
D’autres le découvrent précisément alors que leur vie affective est déjà construite.
Ce moment de découverte n’annule pas ce qui existait avant lui.
Comprendre plus largement ce que signifie découvrir sa bisexualité ou sa pansexualité
C’est une question extrêmement fréquente lorsque la bisexualité est découverte au cours d’une relation.
Tu peux penser :
Je n’ai jamais embrassé une personne de ce genre.
Je n’ai jamais eu de relation sexuelle avec elle.
Je n’ai jamais été en couple avec une personne comme ça.
Alors peut-être que j’invente.
Pourtant, nous n’exigeons généralement pas d’une personne hétérosexuelle qu’elle ait eu plusieurs expériences pour valider son orientation.
Une orientation sexuelle ne se résume pas au CV de nos relations.
Elle concerne notamment les attirances que nous pouvons ressentir, les personnes vers lesquelles nous pouvons nous sentir affectivement, romantiquement ou sexuellement attiré·es et la manière dont nous comprenons notre propre vécu.
Une expérience peut parfois aider une personne à mieux se connaître.
Mais elle n’est pas un examen qu’il faudrait réussir pour avoir le droit d’utiliser le mot bisexuel·le.
Tu peux donc te reconnaître comme bi sans avoir jamais vécu de relation avec plusieurs genres.
Et tu peux également être encore en questionnement.
Tu n’as aucune obligation de choisir immédiatement une étiquette définitive.
Le mot « bisexualité » peut être une façon de comprendre ce que tu ressens aujourd’hui, sans devenir une promesse sur ce que tu devras ressentir demain.
Une autre confusion apparaît souvent :
« Si je suis attiré·e par plusieurs genres, est-ce que je peux vraiment être heureux·se avec une seule personne ? »
Cette question mélange deux choses différentes :
l’orientation sexuelle et le modèle relationnel.
Être bisexuel·le décrit les personnes envers lesquelles une attirance peut être possible.
Être dans une relation monogame ou exclusive décrit la manière dont tu choisis de construire ta relation.
Une personne hétérosexuelle qui s’engage dans une relation monogame ne cesse pas pour autant d’être potentiellement attirée par d’autres personnes.
Même chose pour une personne homosexuelle.
Et même chose pour une personne bisexuelle.
Être bi ne signifie donc pas avoir besoin de partenaires de plusieurs genres simultanément pour être « complet·ète ».
Tu peux être bisexuel·le et profondément heureux·se dans une relation exclusive.
Tu peux être bisexuel·le et préférer les relations non exclusives.
Tu peux aussi ne pas encore savoir quel modèle relationnel te correspond.
Mais la bisexualité, à elle seule, ne détermine pas la réponse.
Parce que comprendre quelque chose sur soi peut créer un vertige particulier.
Tu réalises peut-être soudain qu’une partie entière de ton identité n’a jamais été vécue consciemment.
Cela peut provoquer une forme de curiosité :
« Et si j’étais passé·e à côté de quelque chose ? »
Il peut également exister une sensation de temps perdu.
Pourquoi est-ce que je ne l’ai pas compris plus tôt ?
Est-ce que j’aurais construit ma vie différemment ?
Comment savoir ce que cela aurait donné ?
Chez certaines personnes, cette curiosité reste essentiellement intérieure.
Chez d’autres, elle devient une véritable envie d’expérience.
Aucune de ces réactions ne signifie automatiquement que le couple actuel ne convient plus.
En revanche, elles peuvent mériter d’être regardées attentivement.
C’est probablement l’une des questions les plus importantes à te poser.
Parce que explorer sa bisexualité ne signifie pas forcément avoir une relation sexuelle avec quelqu’un d’autre.
Explorer peut vouloir dire :
te permettre enfin de nommer ton orientation ;
lire ou écouter des témoignages dans lesquels tu te reconnais ;
comprendre ton histoire affective sous un nouveau jour ;
observer tes attirances sans les censurer ;
te sentir davantage appartenir à une communauté LGBTQIA+ ;
parler de cette découverte avec quelqu’un de confiance ;
modifier certaines façons de te présenter ou de parler de toi ;
t’autoriser intérieurement à reconnaître qu’une personne te plaît ;
ou effectivement souhaiter rencontrer ou vivre quelque chose avec une personne d’un autre genre.
Ces besoins sont très différents.
Avant de conclure « il faut que j’aie une expérience », il peut donc être précieux de comprendre ce que cette expérience est censée t’apporter.
De la confirmation ?
De la liberté ?
Une sensation de légitimité ?
De la curiosité sexuelle ?
La possibilité de rattraper quelque chose que tu crois avoir manqué ?
Une envie réelle pour une personne particulière ?
Ou simplement la permission d’être pleinement qui tu es ?
Selon la réponse, ce dont tu as besoin ne sera pas nécessairement le même.
Là encore, il n’existe pas de règle universelle disant qu’un coming out doit être fait immédiatement.
Découvrir son orientation peut demander un temps d’intégration.
Tu peux avoir besoin de comprendre ce que cela signifie pour toi avant de pouvoir en parler clairement à quelqu’un d’autre.
Tu as aussi le droit de choisir à qui tu dévoiles ton orientation.
Mais lorsqu’une relation de couple est concernée, une distinction peut être utile.
Il y a d’un côté ce que tu comprends de ton identité.
Et de l’autre ce que tu souhaites éventuellement changer dans le fonctionnement de votre relation.
Tu peux découvrir que tu es bisexuel·le sans vouloir modifier votre couple.
Dans ce cas, en parler peut être une manière de partager quelque chose d’important sur toi.
Mais si ton désir d’exploration implique d’envisager une relation, une rencontre sexuelle ou une modification de vos accords d’exclusivité, alors la question ne concerne plus seulement ton orientation : elle concerne aussi le contrat relationnel que vous avez construit ensemble.
Et cette partie-là ne peut pas être décidée seul·e si elle modifie les engagements de votre couple.
C’est possible.
Parce que cette annonce peut réveiller énormément de peurs.
Ton ou ta partenaire peut entendre :
« Tu ne me suffis plus. »
« Tu vas forcément vouloir aller voir ailleurs. »
« Je ne pourrai jamais t’apporter ce qu’une personne d’un autre genre pourrait t’apporter. »
« Notre relation est maintenant menacée. »
Même si ce n’est absolument pas ce que tu es en train de dire.
Il peut être utile de distinguer clairement plusieurs phrases :
« Je découvre quelque chose sur mon orientation. »
n’est pas nécessairement :
« Je veux changer notre relation. »
Et :
« Je ressens de la curiosité. »
n’est pas nécessairement :
« Je veux immédiatement agir sur cette curiosité. »
Lorsque tu en parles, tu peux donc essayer de dire ce que tu sais déjà, mais également ce que tu ne sais pas encore.
Par exemple :
« Je crois que je comprends aujourd’hui que je suis bisexuel·le. Je ne sais pas encore tout ce que cela représente pour moi, mais j’avais envie que tu connaisses cette partie de moi. »
Ou :
« Cette découverte fait émerger beaucoup de questions. Je ne suis pas en train de t’annoncer une décision concernant notre couple. J’essaie d’abord de comprendre ce qui se passe en moi. »
Tu n’as pas besoin d’arriver avec toutes les réponses.
Lorsque parler de sexualité et de ses besoins dans le couple devient difficile
Alors cette envie mérite d’être prise au sérieux.
Mais la prendre au sérieux ne signifie ni devoir la réaliser, ni devoir la supprimer.
Une envie peut être explorée mentalement avant de devenir une décision.
Tu peux commencer par t’interroger :
Qu’est-ce que j’imagine vivre dans cette expérience ?
Est-ce une curiosité générale ou suis-je attiré·e par une personne précise ?
Est-ce que je souffrirais réellement de ne jamais vivre cette expérience ?
Est-ce que j’ai surtout besoin d’être rassuré·e sur mon identité ?
Si mon couple restait strictement exclusif, est-ce que je pourrais vivre sereinement avec cela ?
Si je demandais une modification de notre relation et que mon ou ma partenaire refusait, qu’est-ce que cela signifierait pour moi ?
Et surtout :
est-ce que je souhaite réellement une relation non exclusive, ou est-ce que je considère l’ouverture uniquement comme une manière de « vérifier » ma bisexualité ?
Ce n’est pas la même chose.
Il arrive qu’une découverte de bisexualité conduise à envisager l’ouverture du couple.
C’est une possibilité.
Mais elle ne devrait pas être considérée comme une solution automatique.
Une relation non exclusive demande un véritable accord autour de la manière dont chacun souhaite vivre la relation.
Elle peut faire émerger des questions de sécurité affective, de jalousie, de limites, de communication, de temps disponible, de sexualité et de consentement.
Et surtout, les deux personnes doivent pouvoir réellement se positionner.
Ouvrir son couple uniquement parce que l’une des personnes pense devoir « tester » son orientation peut mettre énormément de pression sur la relation.
À l’inverse, certaines personnes découvrent à cette occasion que la non-exclusivité correspond véritablement à leur façon de concevoir leurs relations.
L’important est donc de ne pas confondre :
« je découvre que je suis bi »
avec :
« je découvre que je souhaite une relation non exclusive ».
Ces deux découvertes peuvent coexister.
Mais elles peuvent aussi être totalement indépendantes.
C’est peut-être finalement le point essentiel.
Découvrir sa bisexualité lorsqu’on est déjà en couple peut donner l’impression qu’une décision urgente doit être prise.
Comme si reconnaître cette orientation créait immédiatement une bifurcation :
rester dans son couple ou explorer sa bisexualité.
Mais cette opposition est souvent beaucoup trop simpliste.
Tu peux d’abord apprendre à reconnaître ce que tu ressens.
Tu peux laisser cette nouvelle compréhension de toi prendre sa place.
Tu peux distinguer ton identité de tes comportements.
Tu peux réfléchir à ce que tu veux réellement partager avec ton ou ta partenaire.
Tu peux observer tes envies sans les transformer immédiatement en décisions.
Et tu peux ensuite choisir ce qui est cohérent pour toi et avec les engagements de la relation dans laquelle tu te trouves.
Découvrir sa bisexualité n’est pas forcément le début d’une crise de couple.
Cela peut aussi être simplement le moment où une personne commence à se comprendre un peu mieux.
Il arrive néanmoins que tout se mélange : l’orientation, le désir, la culpabilité, la peur de perdre son couple, l’envie d’explorer, la crainte de faire du mal à l’autre ou encore la question de savoir ce que l’on veut vraiment.
La Séance d’accueil & apaisement du Studio Fleur de Lune peut alors être un premier espace pour poser la situation sans devoir arriver avec une décision déjà prise. L’objectif n’est pas de te dire s’il faut rester, partir, ouvrir ton couple ou vivre une expérience, mais de t’aider à comprendre ce qui t’appartient, ce que tu ressens et ce dont tu as besoin. Si la question nécessite ensuite un travail plus spécifiquement lié à la sexualité, à l’orientation ou à la relation, un accompagnement individuel en sexothérapie peut être proposé.
Tu es en couple depuis plusieurs mois, plusieurs années, peut-être même depuis très longtemps.
Et pourtant, quelque chose est en train de bouger.
Une attirance que tu n’avais jamais vraiment regardée. Une évidence qui arrive tardivement. Un souvenir que tu relis autrement. Une personne qui te plaît et qui ne correspond pas au genre vers lequel tu pensais être exclusivement attiré·e.
Et une question commence à prendre de plus en plus de place :
« Et si j’étais bi ? »
Cette découverte peut être libératrice. Elle peut permettre de comprendre une partie de soi qui était là depuis longtemps sans avoir été clairement nommée.
Mais lorsqu’on est déjà en couple, elle peut aussi immédiatement faire surgir une deuxième série de questions :
Est-ce que je dois en parler à mon ou ma partenaire ? Est-ce que cela veut dire qu’il me manque quelque chose ? Est-ce que je dois avoir une expérience pour savoir ? Peut-on être bisexuel·le et rester dans une relation exclusive ? Et si j’ai envie d’explorer cette partie de moi, qu’est-ce que cela signifie pour mon couple ?
Il n’existe pas une seule bonne manière de vivre cette découverte.
Et surtout : découvrir sa bisexualité ne t’oblige pas à prendre immédiatement une décision concernant ton couple.
C’est parfois l’une des premières inquiétudes.
Si je découvre aujourd’hui que je peux être attiré·e par plusieurs genres, est-ce que cela remet en question tout ce que j’ai ressenti auparavant ?
Pas nécessairement.
L’attirance que tu éprouves pour ton ou ta partenaire ne devient pas moins réelle parce que tu découvres que ton orientation est plus large que tu ne le pensais.
Tu peux avoir sincèrement aimé et désiré des personnes d’un genre donné pendant des années et découvrir ensuite que ton attirance ne s’y limite pas.
La bisexualité ne signifie pas non plus être attiré·e de manière identique par tous les genres, avec la même intensité, au même moment ou de la même façon.
Certaines personnes comprennent très tôt qu’elles sont bisexuelles. D’autres mettent beaucoup plus de temps à mettre ce mot sur leur vécu.
Certaines le découvrent avant d’avoir eu une relation sérieuse.
D’autres le découvrent précisément alors que leur vie affective est déjà construite.
Ce moment de découverte n’annule pas ce qui existait avant lui.
Comprendre plus largement ce que signifie découvrir sa bisexualité ou sa pansexualité
C’est une question extrêmement fréquente lorsque la bisexualité est découverte au cours d’une relation.
Tu peux penser :
Je n’ai jamais embrassé une personne de ce genre.
Je n’ai jamais eu de relation sexuelle avec elle.
Je n’ai jamais été en couple avec une personne comme ça.
Alors peut-être que j’invente.
Pourtant, nous n’exigeons généralement pas d’une personne hétérosexuelle qu’elle ait eu plusieurs expériences pour valider son orientation.
Une orientation sexuelle ne se résume pas au CV de nos relations.
Elle concerne notamment les attirances que nous pouvons ressentir, les personnes vers lesquelles nous pouvons nous sentir affectivement, romantiquement ou sexuellement attiré·es et la manière dont nous comprenons notre propre vécu.
Une expérience peut parfois aider une personne à mieux se connaître.
Mais elle n’est pas un examen qu’il faudrait réussir pour avoir le droit d’utiliser le mot bisexuel·le.
Tu peux donc te reconnaître comme bi sans avoir jamais vécu de relation avec plusieurs genres.
Et tu peux également être encore en questionnement.
Tu n’as aucune obligation de choisir immédiatement une étiquette définitive.
Le mot « bisexualité » peut être une façon de comprendre ce que tu ressens aujourd’hui, sans devenir une promesse sur ce que tu devras ressentir demain.
Une autre confusion apparaît souvent :
« Si je suis attiré·e par plusieurs genres, est-ce que je peux vraiment être heureux·se avec une seule personne ? »
Cette question mélange deux choses différentes :
l’orientation sexuelle et le modèle relationnel.
Être bisexuel·le décrit les personnes envers lesquelles une attirance peut être possible.
Être dans une relation monogame ou exclusive décrit la manière dont tu choisis de construire ta relation.
Une personne hétérosexuelle qui s’engage dans une relation monogame ne cesse pas pour autant d’être potentiellement attirée par d’autres personnes.
Même chose pour une personne homosexuelle.
Et même chose pour une personne bisexuelle.
Être bi ne signifie donc pas avoir besoin de partenaires de plusieurs genres simultanément pour être « complet·ète ».
Tu peux être bisexuel·le et profondément heureux·se dans une relation exclusive.
Tu peux être bisexuel·le et préférer les relations non exclusives.
Tu peux aussi ne pas encore savoir quel modèle relationnel te correspond.
Mais la bisexualité, à elle seule, ne détermine pas la réponse.
Parce que comprendre quelque chose sur soi peut créer un vertige particulier.
Tu réalises peut-être soudain qu’une partie entière de ton identité n’a jamais été vécue consciemment.
Cela peut provoquer une forme de curiosité :
« Et si j’étais passé·e à côté de quelque chose ? »
Il peut également exister une sensation de temps perdu.
Pourquoi est-ce que je ne l’ai pas compris plus tôt ?
Est-ce que j’aurais construit ma vie différemment ?
Comment savoir ce que cela aurait donné ?
Chez certaines personnes, cette curiosité reste essentiellement intérieure.
Chez d’autres, elle devient une véritable envie d’expérience.
Aucune de ces réactions ne signifie automatiquement que le couple actuel ne convient plus.
En revanche, elles peuvent mériter d’être regardées attentivement.
C’est probablement l’une des questions les plus importantes à te poser.
Parce que explorer sa bisexualité ne signifie pas forcément avoir une relation sexuelle avec quelqu’un d’autre.
Explorer peut vouloir dire :
te permettre enfin de nommer ton orientation ;
lire ou écouter des témoignages dans lesquels tu te reconnais ;
comprendre ton histoire affective sous un nouveau jour ;
observer tes attirances sans les censurer ;
te sentir davantage appartenir à une communauté LGBTQIA+ ;
parler de cette découverte avec quelqu’un de confiance ;
modifier certaines façons de te présenter ou de parler de toi ;
t’autoriser intérieurement à reconnaître qu’une personne te plaît ;
ou effectivement souhaiter rencontrer ou vivre quelque chose avec une personne d’un autre genre.
Ces besoins sont très différents.
Avant de conclure « il faut que j’aie une expérience », il peut donc être précieux de comprendre ce que cette expérience est censée t’apporter.
De la confirmation ?
De la liberté ?
Une sensation de légitimité ?
De la curiosité sexuelle ?
La possibilité de rattraper quelque chose que tu crois avoir manqué ?
Une envie réelle pour une personne particulière ?
Ou simplement la permission d’être pleinement qui tu es ?
Selon la réponse, ce dont tu as besoin ne sera pas nécessairement le même.
Là encore, il n’existe pas de règle universelle disant qu’un coming out doit être fait immédiatement.
Découvrir son orientation peut demander un temps d’intégration.
Tu peux avoir besoin de comprendre ce que cela signifie pour toi avant de pouvoir en parler clairement à quelqu’un d’autre.
Tu as aussi le droit de choisir à qui tu dévoiles ton orientation.
Mais lorsqu’une relation de couple est concernée, une distinction peut être utile.
Il y a d’un côté ce que tu comprends de ton identité.
Et de l’autre ce que tu souhaites éventuellement changer dans le fonctionnement de votre relation.
Tu peux découvrir que tu es bisexuel·le sans vouloir modifier votre couple.
Dans ce cas, en parler peut être une manière de partager quelque chose d’important sur toi.
Mais si ton désir d’exploration implique d’envisager une relation, une rencontre sexuelle ou une modification de vos accords d’exclusivité, alors la question ne concerne plus seulement ton orientation : elle concerne aussi le contrat relationnel que vous avez construit ensemble.
Et cette partie-là ne peut pas être décidée seul·e si elle modifie les engagements de votre couple.
C’est possible.
Parce que cette annonce peut réveiller énormément de peurs.
Ton ou ta partenaire peut entendre :
« Tu ne me suffis plus. »
« Tu vas forcément vouloir aller voir ailleurs. »
« Je ne pourrai jamais t’apporter ce qu’une personne d’un autre genre pourrait t’apporter. »
« Notre relation est maintenant menacée. »
Même si ce n’est absolument pas ce que tu es en train de dire.
Il peut être utile de distinguer clairement plusieurs phrases :
« Je découvre quelque chose sur mon orientation. »
n’est pas nécessairement :
« Je veux changer notre relation. »
Et :
« Je ressens de la curiosité. »
n’est pas nécessairement :
« Je veux immédiatement agir sur cette curiosité. »
Lorsque tu en parles, tu peux donc essayer de dire ce que tu sais déjà, mais également ce que tu ne sais pas encore.
Par exemple :
« Je crois que je comprends aujourd’hui que je suis bisexuel·le. Je ne sais pas encore tout ce que cela représente pour moi, mais j’avais envie que tu connaisses cette partie de moi. »
Ou :
« Cette découverte fait émerger beaucoup de questions. Je ne suis pas en train de t’annoncer une décision concernant notre couple. J’essaie d’abord de comprendre ce qui se passe en moi. »
Tu n’as pas besoin d’arriver avec toutes les réponses.
Lorsque parler de sexualité et de ses besoins dans le couple devient difficile
Alors cette envie mérite d’être prise au sérieux.
Mais la prendre au sérieux ne signifie ni devoir la réaliser, ni devoir la supprimer.
Une envie peut être explorée mentalement avant de devenir une décision.
Tu peux commencer par t’interroger :
Qu’est-ce que j’imagine vivre dans cette expérience ?
Est-ce une curiosité générale ou suis-je attiré·e par une personne précise ?
Est-ce que je souffrirais réellement de ne jamais vivre cette expérience ?
Est-ce que j’ai surtout besoin d’être rassuré·e sur mon identité ?
Si mon couple restait strictement exclusif, est-ce que je pourrais vivre sereinement avec cela ?
Si je demandais une modification de notre relation et que mon ou ma partenaire refusait, qu’est-ce que cela signifierait pour moi ?
Et surtout :
est-ce que je souhaite réellement une relation non exclusive, ou est-ce que je considère l’ouverture uniquement comme une manière de « vérifier » ma bisexualité ?
Ce n’est pas la même chose.
Il arrive qu’une découverte de bisexualité conduise à envisager l’ouverture du couple.
C’est une possibilité.
Mais elle ne devrait pas être considérée comme une solution automatique.
Une relation non exclusive demande un véritable accord autour de la manière dont chacun souhaite vivre la relation.
Elle peut faire émerger des questions de sécurité affective, de jalousie, de limites, de communication, de temps disponible, de sexualité et de consentement.
Et surtout, les deux personnes doivent pouvoir réellement se positionner.
Ouvrir son couple uniquement parce que l’une des personnes pense devoir « tester » son orientation peut mettre énormément de pression sur la relation.
À l’inverse, certaines personnes découvrent à cette occasion que la non-exclusivité correspond véritablement à leur façon de concevoir leurs relations.
L’important est donc de ne pas confondre :
« je découvre que je suis bi »
avec :
« je découvre que je souhaite une relation non exclusive ».
Ces deux découvertes peuvent coexister.
Mais elles peuvent aussi être totalement indépendantes.
C’est peut-être finalement le point essentiel.
Découvrir sa bisexualité lorsqu’on est déjà en couple peut donner l’impression qu’une décision urgente doit être prise.
Comme si reconnaître cette orientation créait immédiatement une bifurcation :
rester dans son couple ou explorer sa bisexualité.
Mais cette opposition est souvent beaucoup trop simpliste.
Tu peux d’abord apprendre à reconnaître ce que tu ressens.
Tu peux laisser cette nouvelle compréhension de toi prendre sa place.
Tu peux distinguer ton identité de tes comportements.
Tu peux réfléchir à ce que tu veux réellement partager avec ton ou ta partenaire.
Tu peux observer tes envies sans les transformer immédiatement en décisions.
Et tu peux ensuite choisir ce qui est cohérent pour toi et avec les engagements de la relation dans laquelle tu te trouves.
Découvrir sa bisexualité n’est pas forcément le début d’une crise de couple.
Cela peut aussi être simplement le moment où une personne commence à se comprendre un peu mieux.
Il arrive néanmoins que tout se mélange : l’orientation, le désir, la culpabilité, la peur de perdre son couple, l’envie d’explorer, la crainte de faire du mal à l’autre ou encore la question de savoir ce que l’on veut vraiment.
La Séance d’accueil & apaisement du Studio Fleur de Lune peut alors être un premier espace pour poser la situation sans devoir arriver avec une décision déjà prise. L’objectif n’est pas de te dire s’il faut rester, partir, ouvrir ton couple ou vivre une expérience, mais de t’aider à comprendre ce qui t’appartient, ce que tu ressens et ce dont tu as besoin. Si la question nécessite ensuite un travail plus spécifiquement lié à la sexualité, à l’orientation ou à la relation, un accompagnement individuel en sexothérapie peut être proposé.
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