Dominant, soumis, switch, top, bottom…
Lorsqu’on découvre l’univers BDSM, le vocabulaire peut donner l’impression qu’il faudrait immédiatement choisir une case.
En réalité, les rôles BDSM sont beaucoup plus nuancés.
Une même personne peut occuper plusieurs positions selon les pratiques, les partenaires ou les périodes de sa vie.
L’acronyme BDSM regroupe plusieurs univers :
Bondage et Discipline, Domination et Soumission, Sadisme et Masochisme.
Toutes les personnes pratiquant le BDSM ne s’intéressent évidemment pas à l’ensemble de ces dimensions.
Certaines apprécient essentiellement les jeux de pouvoir. D’autres le bondage, les sensations physiques, certains rituels ou une dynamique de domination et de soumission.
Dans une dynamique de domination, la personne dominante reçoit temporairement ou durablement un certain pouvoir qui lui est consenti par son ou sa partenaire.
Cela ne signifie pas pouvoir faire ce qu’elle veut.
La domination s’exerce à l’intérieur d’un cadre négocié.
Les limites, les pratiques autorisées, les moyens de communication et les modalités permettant d’interrompre une interaction doivent pouvoir être définis.
La responsabilité du dominant ou de la dominante est donc importante.
Une personne soumise choisit de céder une partie du contrôle dans un cadre défini.
Cette soumission peut être sexuelle, psychologique, ritualisée ou s’inscrire dans une dynamique relationnelle plus large.
Être soumis ne signifie pas être faible.
La soumission BDSM repose précisément sur la possibilité de consentir à la dynamique et d’en définir les limites.
Une personne switch peut apprécier plusieurs positions.
Elle peut être dominante avec certains partenaires et soumise avec d’autres, ou alterner les rôles avec une même personne.
Le switch rappelle quelque chose d’essentiel : les rôles BDSM ne sont pas nécessairement des identités figées.
Les termes top et bottom décrivent davantage la position occupée pendant une pratique que l’existence d’une relation de pouvoir.
Le top réalise ou dirige généralement l’action.
Le bottom la reçoit.
Une personne peut donc être bottom pendant une séance de bondage sans se considérer comme soumise dans sa relation.
Cette distinction est importante : pratique physique et dynamique de pouvoir ne sont pas toujours synonymes.
L’univers BDSM possède de nombreux autres termes correspondant à des pratiques ou dynamiques particulières.
On peut notamment rencontrer des rôles liés au bondage, aux jeux de sensations, à certaines formes de service ou à des dynamiques de pouvoir spécifiques.
Le vocabulaire peut aider à se comprendre et à communiquer.
Mais il ne devrait pas devenir une obligation à se définir définitivement.
Une dynamique BDSM peut mettre en scène le contrôle, la contrainte ou la perte de pouvoir.
Mais ce cadre ne fait pas disparaître la nécessité du consentement.
Au contraire, plus une pratique touche aux limites physiques ou psychologiques, plus la communication, la préparation et la connaissance mutuelle prennent de l’importance.
Le consentement BDSM doit pouvoir être éclairé, négocié et réévalué.
Et une personne reste libre de retirer son consentement.
Les motivations sont extrêmement diverses.
Exploration sensorielle, confiance, abandon du contrôle, prise de pouvoir consentie, intensité émotionnelle, créativité, excitation sexuelle, rituels…
Il n’existe pas une explication psychologique unique au BDSM.
Et apprécier certaines pratiques BDSM ne constitue pas, en soi, la preuve d’un trouble ou d’un traumatisme.
Il peut être difficile d’aborder ces pratiques dans un cadre thérapeutique par peur d’être jugé, pathologisé ou mal compris.
Au Studio Fleur de Lune à Héricourt, j’intègre une approche ouverte aux sexualités et aux pratiques BDSM dans le cadre de mes accompagnements en sexothérapie.
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