Tu sais que, rationnellement, il n’y a peut-être rien de grave.
Et pourtant, ton corps se tend.
Ton cœur accélère. Ton ventre se noue. Ta respiration change. Ton cerveau commence à imaginer tout ce qui pourrait mal se passer.
Parfois, tu sais exactement ce qui t’inquiète.
Et parfois, c’est encore plus déroutant : tu te sens anxieux·se sans comprendre pourquoi.
Alors tu cherches.
Pourquoi je suis anxieux·se alors que tout va bien ?
Pourquoi je pense toujours au pire ?
Pourquoi est-ce que cela arrive maintenant ?
Est-ce une crise d’angoisse ?
Comment faire pour que ça redescende ?
L’anxiété peut prendre des formes très différentes. Elle peut être ponctuelle, diffuse, principalement mentale ou au contraire très corporelle. Et elle peut parfois devenir suffisamment présente pour perturber le sommeil, les relations, le travail ou simplement la capacité à profiter de ce qui est en train de se passer.
Comprendre ce qui se joue permet déjà de sortir d’une idée fréquente : si tu ressens de l’anxiété, cela ne signifie pas forcément qu’un danger réel est en train de se produire.
L’anxiété fait partie des réactions humaines normales.
Lorsque nous percevons une menace, une difficulté ou une situation incertaine, notre organisme se prépare à y faire face. L’attention augmente, le corps se mobilise, certaines pensées se concentrent sur ce qui pourrait arriver.
Cette réaction peut être utile.
Le problème apparaît lorsqu’elle devient trop intense, trop fréquente, durable ou qu’elle commence à perturber la vie quotidienne. Les troubles anxieux recouvrent d’ailleurs plusieurs réalités différentes : anxiété généralisée, trouble panique, phobies, anxiété sociale, etc.
Autrement dit, ressentir de l’anxiété ne signifie pas automatiquement souffrir d’un trouble anxieux.
Mais lorsque l’anxiété prend beaucoup de place, elle mérite d’être entendue.
Dans le langage courant, les mots anxiété et angoisse sont souvent utilisés pour parler d’expériences proches.
L’anxiété peut ressembler à une inquiétude de fond.
Le cerveau anticipe :
« Et si ça se passait mal ? »
« Et si j’avais oublié quelque chose ? »
« Et s’il lui arrivait quelque chose ? »
« Et si je n’y arrivais pas ? »
L’angoisse est parfois vécue d’une manière beaucoup plus physique : une oppression, une boule dans la gorge ou dans le ventre, une impression de danger difficile à expliquer.
Et puis il existe des moments où tout semble s’emballer brutalement.
Pendant une attaque de panique, plusieurs sensations peuvent apparaître rapidement :
accélération du cœur ou palpitations ;
tremblements ;
transpiration ;
sensation d’oppression ou d’essoufflement ;
vertiges ;
nausées ;
bouffées de chaleur ou frissons ;
sensation de perdre le contrôle ;
impression qu’un événement grave est sur le point d’arriver.
L’intensité de ces sensations peut être extrêmement impressionnante. Une attaque de panique monte rapidement puis finit généralement par diminuer progressivement.
Comprendre pourquoi une montée d’anxiété peut donner l’impression de perdre le contrôle
Une douleur thoracique, un essoufflement, des vertiges ou des palpitations peuvent avoir différentes causes.
Si ces symptômes apparaissent pour la première fois, sont inhabituels, très intenses ou te font penser à un problème médical, il est important de demander un avis médical plutôt que de conclure seul·e qu’il s’agit d’une crise d’angoisse. Le diagnostic d’une attaque de panique relève du médecin, notamment parce que ses symptômes peuvent ressembler à ceux d’autres problèmes de santé.
C’est probablement l’une des expériences les plus déroutantes.
Tu regardes ta vie et tu te dis :
« Pourtant, tout va plutôt bien. »
Et malgré cela, quelque chose reste tendu.
Le piège est alors de chercher la raison unique.
Comme s’il devait forcément exister un événement précis expliquant ce que tu ressens.
Or l’anxiété peut être influencée par plusieurs facteurs à la fois : notre histoire, notre contexte de vie, certaines périodes de stress, des facteurs psychologiques, biologiques ou environnementaux.
Parfois, il existe un déclencheur très identifiable.
Parfois, plusieurs petites tensions se sont accumulées.
Et parfois, ce que tu ressens semble arriver avant même que tu aies réussi à mettre des mots dessus.
« Je ne sais pas pourquoi je suis anxieux·se » peut donc aussi signifier :
« Je n’ai pas encore identifié ce qui entretient cet état d’alerte. »
Imagine une alarme.
Son rôle n’est pas d’attendre d’avoir la preuve absolue qu’un problème existe.
Son rôle est de se déclencher lorsqu’elle détecte quelque chose qui pourrait représenter un danger.
Notre organisme fonctionne lui aussi avec des mécanismes de vigilance.
Et lorsque cette vigilance reste très présente, il peut devenir difficile de retrouver une sensation de relâchement, même dans un environnement où rien de grave ne se passe immédiatement.
Tu peux alors avoir l’impression :
de ne jamais vraiment déconnecter ;
d’être constamment sur le qui-vive ;
de sursauter facilement ;
d’avoir besoin de tout anticiper ;
de ressentir une tension corporelle permanente ;
de ne jamais parvenir à « éteindre ton cerveau ».
Comprendre pourquoi ton système nerveux a parfois du mal à redescendre
Tu reçois un message un peu différent de d’habitude.
Ton cerveau imagine une dispute.
Quelqu’un ne répond pas.
Tu imagines qu’il lui est arrivé quelque chose.
Tu ressens une sensation étrange dans ton corps.
Tu te demandes immédiatement si tu es malade.
Un problème apparaît au travail.
Ton cerveau déroule déjà les conséquences des trois prochains mois.
C’est ce qu’on retrouve souvent dans l’anxiété : l’anticipation prend une place immense.
Le cerveau essaie de résoudre un problème qui n’existe parfois encore que sous forme de possibilité.
Il fabrique des scénarios.
Puis d’autres scénarios.
Et si ?
Et si ?
Et si ?
Le problème n’est pas que tu sois incapable de raisonner.
Tu peux même parfaitement savoir que ton scénario est improbable.
Mais cette connaissance rationnelle ne suffit pas toujours à faire disparaître l’inquiétude.
Alors tu vérifies.
Tu réfléchis encore.
Tu demandes l’avis de quelqu’un.
Tu repasses mentalement la situation.
Tu essaies de déterminer ce qui va arriver.
Pendant quelques instants, cela peut donner l’impression de reprendre le contrôle.
Puis une nouvelle possibilité apparaît.
Et le mental repart.
Comprendre pourquoi certaines pensées tournent en boucle »
L’enjeu n’est donc pas forcément d’arriver à ne plus jamais penser au pire.
Il peut être d’apprendre progressivement à reconnaître :
« Mon cerveau est en train d’imaginer une possibilité. Il n’est pas en train de me montrer l’avenir. »
Il existe une phrase que j’entends souvent sous différentes formes :
« Mais pourquoi maintenant ? »
Parfois parce qu’une période objectivement difficile est terminée.
Parfois parce que la personne estime avoir déjà compris ce qui lui était arrivé.
Parfois même parce qu’elle traverse enfin une période plutôt calme.
Et c’est précisément ce qui peut rendre l’anxiété incompréhensible.
Nous aimerions que nos réactions suivent une chronologie parfaitement logique :
événement → réaction → fin de l’événement → retour immédiat au calme.
Mais le fonctionnement humain est rarement aussi linéaire.
Un état de tension peut s’installer progressivement.
Une difficulté peut en réveiller une autre.
Des habitudes d’anticipation peuvent rester présentes.
Et parfois, la personne remarque réellement son état uniquement lorsque celui-ci commence à devenir suffisamment gênant.
Tu n’as donc pas nécessairement « raté quelque chose ».
La question peut devenir :
qu’est-ce qui est en train de se passer pour moi aujourd’hui, plutôt que pourquoi est-ce que je ne devrais pas ressentir ça ?
Toutes les personnes anxieuses ne font pas de crises d’angoisse.
L’anxiété peut être beaucoup plus discrète.
Elle peut ressembler à :
« Je vais bien, je suis juste quelqu’un qui réfléchit beaucoup. »
« J’ai toujours été comme ça. »
« J’aime simplement tout prévoir. »
« Je suis un peu tendu·e en ce moment. »
Mais derrière peuvent parfois apparaître une fatigue importante, des difficultés de sommeil, des tensions physiques, de l’irritabilité ou une sensation de vigilance permanente.
Lorsque l’inquiétude devient durable, difficile à contrôler et qu’elle affecte le quotidien, il peut être utile d’en parler à un professionnel de santé afin d’évaluer ce qui se passe.
Repérer les signes d’un stress devenu chronique
Lorsque l’angoisse est déjà là, ce n’est généralement pas le meilleur moment pour essayer de résoudre toute ta vie.
La priorité est beaucoup plus simple :
revenir progressivement dans l’instant présent.
Si tu le peux, arrête ce que tu es en train de faire.
Installe-toi dans un endroit calme.
Si tu conduis, gare-toi dans un lieu sûr.
Si une personne rassurante est disponible, tu peux aussi lui demander de rester simplement près de toi.
Quand nous avons peur de manquer d’air, le réflexe peut être de respirer de plus en plus fort.
Pourtant, une respiration trop rapide ou trop profonde peut accentuer certains symptômes liés à l’hyperventilation.
Essaie plutôt de laisser ta respiration devenir plus calme et naturelle, sans chercher la performance.
Regarde autour de toi.
Choisis un objet.
Observe sa couleur.
Sa forme.
Pose tes pieds au sol et remarque le contact sous tes jambes ou sous ton dos.
Écoute les bruits présents dans la pièce.
Ton attention était projetée vers un danger possible.
Tu lui proposes simplement de revenir vers :
« Qu’est-ce qui est réellement là, maintenant ? »
Se concentrer sur ce que l’on voit ou entend autour de soi fait partie des stratégies recommandées pour traverser une attaque de panique.
Il peut être tentant de penser :
« Il faut absolument que ça s’arrête. »
Puis :
« Ça ne s’arrête pas. »
Puis :
« Donc quelque chose ne va vraiment pas. »
Et l’inquiétude augmente encore.
Essaie plutôt :
« C’est très inconfortable. Je vais traverser les prochaines minutes une par une. »
Tu n’as pas besoin de réussir à te sentir parfaitement bien immédiatement.
Tu peux simplement chercher un tout petit peu moins d’intensité.
J’ai également créé un épisode d’Alice t’apaise spécifiquement pour ces moments où réfléchir davantage n’aide plus vraiment :
Ce n’est pas un épisode destiné à expliquer encore une fois ce qu’est l’anxiété.
Tu peux simplement lancer l’audio, t’installer si tu le peux et te laisser guider progressivement vers ton corps, ta respiration et ce qui existe autour de toi dans l’instant.
La journée offre énormément de distractions.
Il faut répondre.
Organiser.
Conduire.
Travailler.
Parler.
Décider.
Puis arrive le soir.
Il y a moins de stimulations extérieures.
Et tout ce qui était passé en arrière-plan devient parfois beaucoup plus audible.
Les inquiétudes reprennent de la place précisément au moment où tu voudrais dormir.
Comprendre pourquoi ton corps peut être épuisé alors que ton mental reste actif
Tu n’as pas besoin d’attendre que l’anxiété devienne totalement ingérable.
Il peut être utile de consulter lorsqu’elle :
revient très régulièrement ;
te pousse à éviter certaines situations ;
perturbe ton sommeil ;
envahit une grande partie de tes pensées ;
affecte ton travail, tes relations ou tes activités ;
provoque des crises répétées ;
te conduit à organiser ta vie autour de la peur d’une nouvelle crise.
En cas de symptômes physiques nouveaux ou préoccupants, le premier interlocuteur reste un professionnel de santé afin d’écarter une cause médicale et d’évaluer la situation. Lorsque des troubles anxieux sont présents, leur prise en charge peut faire intervenir différents professionnels et différentes approches selon les besoins de la personne.
Lorsque l’anxiété prend beaucoup de place, on finit parfois par entrer en guerre contre soi-même.
« Arrête de penser. »
« Calme-toi. »
« Il n’y a aucune raison d’être comme ça. »
« Mais pourquoi je fais ça ? »
Et une deuxième souffrance vient s’ajouter à la première :
la culpabilité d’être anxieux·se.
Tu peux commencer ailleurs.
En essayant de comprendre ce qui déclenche ou entretient cet état.
En observant ce qui se passe dans ton corps.
En apprenant progressivement à retrouver des repères d’apaisement.
Et, lorsque cela devient nécessaire, en ne restant pas seul·e avec ce qui t’envahit.
Si tu te reconnais dans cette impression d’être souvent en alerte, d’anticiper constamment le pire ou de ne plus savoir comment faire redescendre ce que tu ressens, la Séance d’Accueil & d’Apaisement peut être une première étape.
Nous commençons par prendre le temps de comprendre ce que tu traverses, les situations dans lesquelles l’anxiété apparaît et la façon dont elle se manifeste chez toi. Puis nous réalisons une première séance d’apaisement psychocorporel adaptée à ce qui émerge, en utilisant notamment la sophrologie et l’hypnose lorsque cela est pertinent.
L’objectif n’est pas de te promettre de « supprimer » ton anxiété en une séance, mais de poser un premier repère, de comprendre ce qui pourrait t’aider et de déterminer ensemble si un accompagnement plus progressif serait utile.
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