Chaque année, le 8 mars revient avec son lot de publications, d’événements et de messages “positifs” autour des femmes.
Et pourtant, une question se pose :
Pourquoi parle-t-on de fête…
là où il s’agit, à l’origine, de droits ?
La Journée internationale des droits des femmes est née de luttes.
Des luttes pour voter.
Pour travailler dans des conditions justes.
Pour exister dans l’espace public.
Ce n’était pas une célébration.
C’était une revendication.
Aujourd’hui, cette dimension est souvent atténuée.
Et c’est là que quelque chose se perd.
Offrir des fleurs.
“Mettre les femmes à l’honneur”.
Célébrer “le féminin”.
L’intention peut sembler positive.
Mais elle déplace le sujet.
Parce que pendant ce temps :
les inégalités salariales persistent
les violences sexistes et sexuelles continuent
la charge mentale reste largement portée
les normes sociales influencent encore profondément les corps et les relations
Le 8 mars ne devrait pas faire oublier ça.
Dans certains espaces, cette journée devient un moment pour célébrer le “féminin sacré”, l’énergie féminine ou la puissance des femmes.
Ces espaces peuvent être soutenants.
Mais ils peuvent aussi masquer une réalité essentielle :
Les droits des femmes n’ont pas été obtenus
parce qu’elles incarnaient une essence particulière.
Ils ont été obtenus
par des luttes pour l’égalité.
Réduire cette journée à une célébration du féminin
peut invisibiliser cette réalité.
L’égalité ne se joue pas uniquement dans les lois.
Elle se joue aussi dans le corps.
Dans la manière de vivre sa sexualité.
Dans la capacité à poser ses limites.
Dans la possibilité de dire non sans conséquences.
Aujourd’hui encore, beaucoup de personnes doivent réapprendre à :
écouter leur corps
reconnaître leurs limites
comprendre leur désir
sortir des normes imposées
Ces questions ne sont pas secondaires.
Elles font partie des droits fondamentaux.
Parler des droits des femmes ne devrait pas créer une guerre.
Les normes de genre pèsent sur tout le monde.
Certaines femmes subissent des attentes sur leur corps, leur rôle, leur sexualité.
Certains hommes subissent des injonctions de performance, de contrôle ou de silence émotionnel.
L’enjeu n’est pas d’opposer.
C’est de permettre à chacun·e de vivre avec plus de liberté.
Je ne ressens pas le besoin de créer un événement spécifique ce jour-là.
Parce que ces sujets méritent d’être travaillés toute l’année.
Le respect de soi.
La relation au corps.
Le consentement.
La liberté dans les relations.
Ce ne sont pas des thèmes ponctuels.
Ce sont des enjeux quotidiens.
Le constat reste le même.
Les violences existent toujours.
Les inégalités persistent.
Les normes continuent d’influencer profondément les vies.
Alors plutôt que célébrer…
on peut s’arrêter un instant et regarder où on en est réellement.
Ces questions ne restent pas théoriques.
Elles se vivent dans :
les relations
le rapport au corps
la sexualité
les limites posées ou non
Et parfois, on réalise qu’on s’est adapté·e.
Qu’on a accepté certaines choses.
Qu’on n’a pas toujours su écouter ses propres signaux.
Et c’est souvent là que le travail commence.
Tu n’as pas besoin d’attendre une date particulière pour t’y intéresser.